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 [Aren Urona] - Le Lac Eva

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Aren Urona
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MessageSujet: [Aren Urona] - Le Lac Eva   Lun 2 Juin 2014 - 17:22

Aren se réveille d'un coma dans lequel il a été plongé le jour de la Tempête. Une seule chose lui importe alors : retrouver sa sœur.


Février 2009

La sensation de brûlure, sur sa joue, avait soudainement disparu. À la place, un doigt innocent exécutait un tapotement régulier.
Quelques secondes plus tôt, Aren était affalé sur l'asphalte, la peau râpée par le frottement de la route, mourant sous des coups emplis de folie. Là, il était dans une pièce muette, limitée par des pans de bois et divisée par des rideaux blancs.
Quelques secondes plus tôt, il subissait la colère de la Tempête dans un froid assassin de décembre. Là, il était... plus tard.

Quelques secondes d'inconscience l'avaient envoyé directement aux veilles du mois de Mars. Et une horripilante petite fille semblait ne pas se lasser de faire rebondir son doigt sur le visage du jeune Aren. Il était faible. Bien trop faible pour réagir. Il put toutefois ouvrir les yeux et tourna lentement son regard pour le poser sur la fautive. Elle stoppa son mouvement, se leva et s'en alla franchir un de ces fameux draps blancs.
Une chose n'allait pas. Un détail flagrant que le garçon n'aurait pas raté en temps normal. Il le savait, tout son corps le lui criait. Mais quoi ?
De l'autre coté du rideau, la petite Carine alla voir le responsable de l'infirmerie.

- Aren est réveillé.

Le responsable, un garçon d'à peine 16 ans, vêtu d'un sarrau trop grand et maladroitement coiffé, était en train d'observer les mains d'un de ses congénères.

- Elles produisent une substance qui... colle ? Ah, Carine. Heu... Aren, ça ne me dit rien. Mais attends, ce n'est pas un de ceux qui ne se sont pas encore réveillés, depuis la Tempête ?!, demanda-t-il inquiet. Retourne avec lui ! Ne le laisse pas seul !

Carine fit demi-tour pour revenir près de son patient, avant qu'elle ne s'en aille, son aîné lui rappela une consigne :

- N'oublie pas ton bonnet !

Il ne fallait surtout pas choquer les nouveaux réveillés.
Aren vit cette petite fille revenir, essayant naïvement de se cacher les cheveux avec ses mains. Elle récupéra son bonnet sur la chaise à coté du lit et le mit aussitôt sur sa tête, ne cachant qu'une partie de sa chevelure verdoyante. Elle se tourna alors vers Aren avec cette expression que n'importe quel enfant affiche quand il sait qu'il a fait un bêtise mais que ce n'est pas de sa faute et dit :

- Non, c'est pas vrai, j'ai pas les cheveux verts. Et les tiens ne sont pas verts du tout !

Elle n'aurait rien pu dire de plus efficace pour que Aren se force à loucher, tentant d'apercevoir une de ses mèches. Carine lui sauta alors dessus.

- Noon ! Regarde pas ! Je mens jamais !, hurla-t-elle.

Aren s'immobilisa net. La douleur. Le choc de la petite fille lui avait fait mal, certes, mais ce n'est que grâce à ça qu'il put vraiment réaliser que tout allait bien. Toute cette souffrance de cet horrible jour était derrière lui. Il sut que son incapacité à bouger ne serait que passagère, qu'elle n'était que la conséquence d'un coma plus ou moins long dont il venait de sortir. Il était réveillé. Il était vivant. Et tout ça était réel.
Le responsable entra peu de temps après. Lui et Aren comprirent très vite que ce dernier n'aurait nul besoin d'être ménagé et que le récit des récents événements pourrait se faire au plus tôt. Même si ces informations étaient invraisemblables, Aren sut les recevoir. Il pourrait même le voir de ses yeux quand il pourrait marcher à nouveau. Toutefois, il restait une information qu'il voulait vraiment sans l'avoir effleurée : qu'était-il arrivé à sa sœur ? Qu'était devenue Eva ?
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Aren Urona
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MessageSujet: Re: [Aren Urona] - Le Lac Eva   Ven 6 Juin 2014 - 22:58

Le lendemain, Aren réussissait déjà à marcher. Carine, qui en avait la charge, lui fit faire des petites balades dans différents endroits du Nid. Elle lui présenta de la sorte, le réfectoire, ce qui était en train de devenir la bibliothèque, un atelier, et des dortoirs. Carine était particulière. Pas plus de 12 ans, elle était naïve et maladroite, mais une des moins touchée par la Tempête, elle a très vite du s'occuper des autres. Depuis deux mois qu'elle s'y employait, elle avait acquis savoir faire et sens des responsabilités. Un curieux mélange qui la rendait vraiment unique. Elle parlait sans arrêt, du passé, du présent, de la vie sans aucun tabou. Rien ne l'arrêtait. Elle y prenait tellement de plaisir qu'elle en rayonnait. Et personne n'aurait voulu l'en empêcher.

-Je te connais parce que, avant la Tempête, tu étais dans la chambre en face de moi. C'est pour ça que je t'ai tout de suite reconnu quand on t'a amené ici.

Elle ouvrit une porte derrière laquelle quelques garçons se battaient avec des épées de bois. D'autres faisaient des exercices pour garder la forme.

- Ici, c'est la salle d'entrainement. Il y a ceux qui chassent et ceux qui nous protègent qui viennent tout le temps ici.

Elle désigna un garçon qui s'approchait.

-Lui, c'est Torshan. Il mène parfois des expéditions. C'est lui qui t'a retrouvé.

- Oui, je me souviens de toi. Reprit ce dernier. On fouillait l’aile Ouest, ça devait être la trois ou quatrième fois. Et tu étais allongé au beau milieu d'un couloir. Inconscient.

L'information perturba Aren. Avant de perdre connaissance, il était à quelques pâtés de maisons de l’hôpital. Comment s'était-il retrouvé dans un de ses couloirs?
Ne s'attardant pas sur ce point, Torshan s'excusa de ne pas s'être présenté et s’exécuta. Bien qu'il fut modeste, Aren comprit qu'il avait été actif dans la construction et l'organisation du Nid, peut être un pilier de cette communauté. Avant de retourner à son entrainement, Torshan le salua. Sa poigne était ferme et sa démarche pleine d'assurance. Une aura de charisme émanait de ce garçon.

Un peu plus tard, Carine raccompagnait Aren dans sa chambre. Ce dernier la remercia, elle ainsi que la chance qu'il avait eu de s'être réveillé au moment où elle veillait sur lui.
Alors qu'elle sortait, d'entendre ces mots figea la jeune fille. Elle hésitait. Elle voulait dire quelque chose mais ne savait pas si elle le pouvait. Elle regarda Aren en se mordant la lèvre. Et elle finit par craquer

- J'étais tout le temps avec toi. Et si j'ai fais ça, c'est parce que sinon, tu serais mort!

Elle avait dit ça comme pour se débarrasser d'un fardeau et avait pris la fuite, laissant Aren, seul, avec cette révélation.
Si l'information n'était pas la plus renversante qui soit, elle avait ouvert, dans la tête du jeune garçon, une porte qui retenait ses démons. Sans le vouloir, Carine avait déclenché une bombe qui explosa … Toute la nuit. En silence. Dans l'esprit.
Des images de la Tempête ressurgirent. Les éclairs, le déchainement de violence, le chaos, la souffrance, le cri de sa sœur, la rage de son père.
Son père.
Évaporé en un instant.
La mort est si puissante, il suffit qu'elle nous effleure pour nous emporter.
Cette nuit, Aren eut un sommeil agité. Il ne cessait de se réveiller, chaque fois en nage. Si bien qu'au petit matin, ses draps étaient trempés. Il pu revoir Carine à l'heure du déjeuner, elle avait l'air terriblement gênée. Mais Aren n'était pas capable d'empathie après l'enfer qu'il venait de vivre. Il fallait qu'il comprenne. Il lui demanda de s'expliquer sur ce qu'elle avait voulu dire la veille. Au début, un peu craintive, elle commença à lui raconter.

- Après le Cataclysme, j'ai commencé à... voir la vie des choses. Enfin, non pas des choses, celle des gens, des animaux et même des plantes. Et je ne la vois pas vraiment mais je peux plutôt la ressentir. Je peux aussi aider les autres à aller mieux. Ceux qui ont une vie en mauvaise santé, je veux dire. J'ai l'impression qu'ils vont mieux quand je suis près d'eux. Et c'est même meilleur si je prends soin de vous.

Aren voyait ou elle voulait en venir, mais ne voulait pas y croire.

- Quand on t'a amené à l'infirmerie, j'ai senti la mort. Partout dans ton corps. Mais tu étais encore en vie, un tout petit peu. Et tu luttais pour le rester. Si je n'avais pas pu t'aider, tu aurais perdu et tu aurais été enterré.

Pour convaincre Aren qui ne cachait pas son scepticisme, Carine lui dévoila que certaines personnes se découvraient des dons particuliers et personne ne l'expliquait. C'était arrivé, comme leurs cheveux et leurs ongles verts, c'était comme ça.

L'après midi, le jeune garçon marcha ci et là, essayant de remettre de l'ordre dans ses idées. Il pouvait se promener une bonne heure sans se fatiguer, mais il ne s'en rendrait même pas compte. Ses démons, tels des nuages, lui obscurcissaient la vue sur tant de chose. Ainsi, il croisa Torshan, un jeune cuistot avec lequel il avait discuté et le responsable de l'infirmerie. Tous trois le saluèrent pourtant leur visage étaient brouillés par des ombres. Aren ne pu reconnaître que Torshan en sentant sa poigne et en revoyant sa démarche.

Les jours passèrent. Le voile devant ses yeux ne se leva pas. Son sommeil ne se calma pas, non plus. Sans compter qu'il n'arrivait pas à s'adapter à la vie au Nid. Cette communauté soudée, unie, qui survivait grâce à l'entraide, au don de chacun. Aren en était incapable.
Un matin, Carine se rendit dans sa chambre pour lui annoncer qu'un logement l'attendait. Elle ne pu clamer sa nouvelle, elle le vit mettre un sac sur le dos. Quelques affaires qui témoignaient d'une expédition (arc, boussole, carte de l'ancien monde, etc...) étaient posée sur le lit.
Elle était la seule qu'il arrivait à reconnaître proprement. Elle qui lui avait sauvé la vie. Elle qui était un obstacle vivant pour la mort. Carine, le seul regret de son départ. Il la fixa droit dans les yeux et sur un ton un peu désolé, il lui annonça

- Je m'en vais!
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Aren Urona
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MessageSujet: Re: [Aren Urona] - Le Lac Eva   Lun 4 Aoû 2014 - 14:48

Sa décision était prise, il allait partir affronter le monde extérieur, avec l'espoir de trouver sa soeur.
Il pu se procurer un sac et des vivres en conserve. Torshan lui donna un arc avec quelques flèches non sans cacher une certaine déception. Il embarqua quelques livres sur la faune et la flore sauvage et de quoi se soigner. Il était dans sa chambre quand Carine est venue. Elle semblait enthousiaste, pour une raison qu'il ne connaitra jamais.
Elle a très mal pris le départ de son ami. Ce dernier, ne voulant pas faire traîner ce moment difficile s'empressa de s'en aller

Il quitta le Nid en début d'après midi. Inutile de caser son départ en fonction de l'heure ou de la météo, la Mer Sèche abritait ses propres climats, et le plus souvent, à l'ombre du Soleil.

Il avait informé le conseil de sa décision. Après avoir tenté de le dissuader, les trois Soeurs lui souhaitèrent bonne chance tout en lui précisant qu'il pourrait revenir à tout moment.
Aren prit une grande inspiration, peut-être la dernière qu'il prendrait jamais dans le Nid, et il fit un pas en avant.
Il mit un pied devant l'autre, laissant derrière lui ses pairs.

Il prit la direction de l'Ouest. La végétation avait sans doute tout détruit, mais c'est de ce coté qu'ils s'étaient enfuis... ce fameux jour.
Pendant les premières heures de son voyage, Aren n'avait ni angoisse ni peur. Il se plaisait beaucoup à affronter cette terra incognitae. D'aucuns auraient dit que c'est parce qu'il ne connaissait pas la Mer Sèche. Et ils auraient eu raison mais pour le jeune garçon, tout était différent. Il avait passé les années passées collé dans un lit, se déplaçant essentiellement à l'aide de fauteuil roulant, gavé de médicaments et il ne passait jamais 10 jours sans saignement.
Terminé tout ça. Il était libre. Libre. LIBRE!!!
Jusqu'à ce qu'une ampoule lui rappela qu'il y avait tout de même des limites. Bien qu'elle était petite, il n'en avait jamais eue. Et face à cette douleur inconnue, il décida de faire une pause.

Il puisa dans ses conserves pour s'offrir un petit repas confortable, tout en bouquinant ses livres. Il se sentait devenir un aventurier. Quand plus tard il se remit en route - L'ampoule s'étant rapidement résorbée - il tenta de trouver les plantes qu'il venait d'étudier. En vain.
   "J'en trouverai la prochaine fois" se dit-il.

Ce n'est que quelques heures plus tard que la réalité commença à le rattraper. Il observa une créature aux airs de raton laveur, mais avec des pattes plus fines et des oreilles rappelant celles du fennec. Il fut très attentif aux tics de l'animal, il le voyait remuer le nez, se déplacer par petits pas brefs, tourner ses magnifiques paraboles auditives. Tout ce qui montrait cette adorable bestiole était aux aguets. D'ailleurs, il aperçut Aren au bout d'une petite poignée de secondes. Avait-il détecté un bruit? Une odeur? Un mouvement? Qui sait...
Quoiqu'il en fut, il commit l'erreur de ne pas détecter la bonne menace. Un serpent se laissa tomber de la branche d'un arbre, silencieux comme la terre et fondit sur le rongeur. Ce prédateur devait mesurer au bas mot 3 mètres de long. Il était apparut comme ça, alors que rien ne trahissait même son ombre. Et pourtant, ce tueur venait de faire une victime.

Cela fit réfléchir Aren. Il ne connaissait ni cette forêt ni ses prédateurs. Et si l'un d'eux viendrait à s'en prendre à lui, il aurait peu de chances d'y échapper.

Son estomac lui fît comprendre que lui aussi devait manger et qu'il pouvait tout aussi bien être un bon chasseur.
Il prit son arc, galérant 3 bonnes minutes pour mettre la corde correctement et parti en quête de Gibier.
Le seul animal qui ne fuit pas à son approche était un paisible herbivore qui faisait la taille d'un gros cochon. Ce dernier l'avait repéré, mais il ne se soucia pas de cette puérile menace. Grand bien en fût pour Aren, car il put prendre tout son temps pour bander l'arc.
Entre le fait de découvrir que cet arc est dur à bander, et arriver à tenir l'arc droit, sans trembler et en faisant attention à ce que le flèche reste en place, la proie de Aren dut avoir le temps d'engloutir deux repas.
Enfin, Aren était en place. Il visa son futur diner et... Le manqua. d'au moins trois bon mètres sur la gauche. Heureusement qu'il n'y avait aucun témoin.
Le second trait fila bien trop bas. Le troisième s'explosa contre un rocher, ce qui fit sursauter l'animal. Et quand Aren réussit miraculeusement à viser plus ou moins juste -après avoir perdu la moitié de ses flèches - la pointe frolla le museau de sa cible. Ce qui ne lui plut pas du tout. Elle se retourna vers le chasseur du dimanche. Sans demander son reste, Aren se carapata en vitesse. pour retourner à son lieu de camp. Poussé par le frisson, il ne remarqua même pas qu'il s'écorchait les jambes.

De retour à son camp, bredouille, il se prépara une autre conserve, pestant contre son arc.

Après une petite nuit de sommeil, caché dans le creux d'une racine géante, le jeune garçon décida qu'il serait plus prudent de commencer à chasser son repas dans la végétation environnante. Il trouva assez peu de baies qui étaient dans le manuel, pas assez en tout cas pour se nourrir. Il réussit cependant à observer certains animaux manger des fruits qu'il ne connaissait pas et décida de les imiter.
Et bien que ces fruit n'aient, effectivement pas été du poison, il regretta son geste toute la journée, ballonné par des maux de ventre, et un peu plus tard, une monstrueuse diarrhée.
Il pria pour que son calcaire s'arrête, espérant profondément trouver un village, ou la fin de cette maudite forêt. Mais à ce moment là, il ne pouvait que s'efforcer de trouver un abri pour se cacher.

Ses provisions s'épuisèrent le lendemain, il coinça son arc en descendant un flanc rocheux -mais vu son talent dans ce domaine, il se sentit juste plus léger. Il fût la proie d'une famille d'oiseaux, ce qui donna lieu à une parodie de combat. Et s'il sut se défendre sans artifice, il n'en fût pas moins sérieusement blessé. Des griffes partout sur le corps.

Encore deux jours passèrent. Il continuait d'avancer car il savait que le Nid était bien trop loin pour y retourner. Il était faible. Il commençait légèrement à délirer. Le fait d'en avoir conscience ne l'aida pas.

Mais il tenait bon.

-Je refuse de mourir sans t'avoir retrouvée. TU M'ENTENDS EVA!!! Hurla-t-il sans plus se préoccuper de sa discrétion.
Ensuite...
Il s'effondra.
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Aren Urona
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MessageSujet: Re: [Aren Urona] - Le Lac Eva   Lun 29 Sep 2014 - 16:19

Le soleil s’était levé peu de temps auparavant. Mais ce n’est qu’à cet instant qu’un de ses rayons eut l’audace de se glisser entre les feuilles de cette dangereuse forêt. Il se faufila entre ces vertes parures, ci et là, se dardant de plaisir à apparaitre dans un petit nuage brumeux pour enfin atterrir sur la paupière d’un jeune garçon.
Aren grommela. La nature ne l’autoriserait donc pas à mourir paisiblement ?
Quelques secondes plus tard, le rayon s’évapora. Peut-être était-il rentré près de ses frères et sœurs, leur raconter ce qui se trouve sous le feuillage de la Mer Sèche. Mais il avait réveillé Aren et l’estomac criant de se dernier l’empêcha de se rendormir. Il profita des quelques forces que son somme lui avait rendu, pour s’avancer. Se concentrer sur son avancée. Rien que ça. Cela l’aiderait à penser à autre chose qu’à la douleur. Qui sait, pourrait-il même trouver de la nourriture.
La nourriture attendra, au-delà du monticule qui bouchait sa vue, se trouve un point d’eau. Une eau cristalline de laquelle s’échappe la légère vapeur. Une aubaine pour le pauvre corps meurtri du garçon. Il fonça en sa direction … Ou plutôt il y alla le plus rapidement qu’il pouvait, c'est à dire à la vitesse de quelqu'un qui marche, en fait. Au fur et à mesure qu'il s'en approchait, il discernait ses limites. C'était un lac de quelques centaines de mètres d'envergure. Un petit îlot rocheux pointait timidement le bout de son nez pas loin de son centre. Aren l'oublia vite, en faisant ses premiers pas dans l'eau. Elle était froide. Mais d'un froid qui n'avait rien d'agressif, un froid très doux, très agréable.
Sans faire de manière, le garçon se laissa entièrement tomber dedans. Son sac posé à l'abri de cette humidité, Aren pouvait s'enfoncer au plus profond qu'il pouvait et oublier tous ces soucis.
Il ne ressentit cette liberté qu'une seconde seulement, avant que son corps ne lui rappelle la réalité.

On échappe pas à son propre corps

De même, il ne resta pas non plus longtemps dans le lac. Si la température était douce comme une plume, elle n'en restait pas moins dure à supporter au delà d'un certain seuil.
Une telle étendue non boisée permettait au soleil de faire pleuvoir de sa lumière à quelque endroit voisin. Aren alla donc prendre un bain de lumière et de chaleur pour se sécher tout en se reposant.
Il n'avait toujours pas mangé, mais son métabolisme semblait déjà plus apaisé. Malgré les récentes épreuves, Aren était heureux d'être à cet endroit. Il ne pouvait plus en vouloir aux tourments qui lui avaient causé tant de problème puisque, en contrepartie, ils l'avaient amené là.
Il se sentait bien, tellement bien.

Il s'endormit même un peu, jusqu'à ce que l'ombre revienne le refroidir. À ce moment, gonflé par une motivation toute neuve, il se rappela ses priorités. Il fallait manger. Chasser était proscrit : sans matériel, ni énergie. Il pensa à poser des pièges, mais, une fois encore, son équipement lui fit défaut. Il se vit contraint de se rabattre sur des fruits. Mais comment les choisir ? Beaucoup n'avaient rien en commun avec ceux du guide,et lors de son dernier essai, il avait attrapé une diarrhée mémorable.
Et quand un choix nous propose soit ça, soit une lente agonie, il est légitime d'hésiter.
La chance lui sourit : pendant qu'il essayait de se décider, un petit troupe d'animaux passa à un jet de pierre. Non pas que leur comportement intéressa le garçon, mais il remarqua tout de même que les plus agés semblaient guider les jeunes à éviter certains fruits.
Leur système digestif était sans doute très différent de celui des hommes, mais il opta quand même pour suivre ce troupeau et le singer. Il éviterait sans doute les empoisonnements, il ne restait plus qu'a espérer que son estomac supporterait son nouveau régime. Cette méthode paya, car après avoir mangé ses premières baies … avec une crainte presque palpable, il récupéra des forces.

Le temps qu'il passa encore éveillé lui servit à se trouver un abri. Il avait eut bien trop de chance, ce jour là, pour prendre le risque de tout perdre. Non non non ! Il suffisait qu'un gros monstre vienne, lui arrache une moitié de son corps et hop, tout aurait disparu. Désormais, Aren était bien décidé à rester en vie. Il se faufila sous une partie surélevée d'un énorme rocher, caché par un tronc non moins fameux et se servant de caillasse pour s'improviser un petit muret. Ça éviterait que n'importe quelle bestiole vienne le harceler.

Il pu se reposer, dormir pour de vrai, cette fois. Ayant pris soin d'avoir à disposition une petite réserve de baies, il pu enfin profiter d'un vrai sommeil réparateur. Une nuit pleine de rêves … Bon, en fait, beaucoup étaient assez chaotiques et Aren se réveilla au bout de quelques petites heures seulement, transpirant de sueur.
Le message était clair : dormir c'est bien, mais au bout d'un moment, il faut aussi penser à se bouger un peu !

Aren pris son déjeuner au lit, tel un roi. Et se glissa hors de son repère, non sans avoir vérifié que la voie était libre. Le soleil commençait à baisser au loin. Divers plantes et animaux produisaient déjà des lueurs pour parer à son absence. Aren décida qu'il était suffisamment remis pour chasser... Disons un tout petit animal. Il partit donc en quête d'un met à sa hauteur, tout en restant à portée de ce lac.
Lors de sa recherche, il croisa plusieurs cas de fourmis, impressionnantes avec leur cinquantaine de centimètres, immobiles, accrochées sur des arbres, et fluorescentes.

Bien trop repérable pour être une proie facile.

Aren réussi à attraper une espèce de rongeur apparenté à une taupe. Il suffisait de l'approcher sans faire de bruit et le repas était servi.
Enfin... Il fallu tuer la bête, la dépecer, la vider, la nettoyer, allumer un feu, la faire cuire.
En fait, la chasse aura été la partie la plus facile. Surtout que, gorgé d'empathie, Aren n'était pas le plus préparé à égorger ce pauvre animal.
Quand le sang tomba du corps de ce futur repas, les souvenirs de l'ancienne vie de Aren lui remontèrent dans la tête.

Le sang... Liquide si étrange qui avait tellement atrophié la vie du garçon.

Handicapé sans raison. Amputé de jeunesse. Condamné à souffrir. Goûtant à sa nouvelle vie, il avait fait son choix. Même s'il était poursuivit par les douleurs, là encore, il préférerait mourir que de se retrouver dans son ancienne situation.
Sauf, bien sûr, si cela signifiait aussi retrouver sa famille. Enfin, son choix était fait.

Il s'isola sur l'Ilot du lac avec son butin et un peu de matériel, et mis plus de la moitié de la nuit à rendre la chaire consommable.
Le résultat n'en fut que plus goûteux. Cette joie de manger, ajoutée à cette satisfaction d'être un chasseur, cela équivalait à toutes les médicament qui auraient pu prendre soin de son corps, toutes les thérapies qui auraient pu l'aider à aller mieux dans sa tête.

Puis, à nouveau le soleil vint à la rencontre du lac.
Aren ôta ses vêtements et se laissa porter par l'eau. Bon, à un endroit ou le fond n'était qu'a 40 cm et l'eau était plus chaude.
Ses cheveux verts s'étendirent tels un éventail et se remplirent de ce bienfait que la lumière leur apportait. Cette sensation parcourait tout le corps de ce nouveau chasseur. Il était heureux, libre, en pleine forme. Il était sain.

Plusieurs jours passèrent. Le lac ayant un effet revigorant (psychosomatique ou pas?) Aren avait décidé d'y rester un moment. Durant cette période, avec des observations, des tentatives et expériences souvent fructueuses, il apprit à connaître le monde qui l'entourait. Il commençait à savoir déterminer si un fruit était mangeable ou non.
Il pu observer des animaux - ceux qui venaient boire -, et observait leur façon de marcher, leur façon de prendre garde, leur façon de chercher d'éventuelles menaces.
Certains prédateurs apprirent à Aren l'inverse : quels gestes faire pour pister sa proie, pour la traquer, la surprendre. (Cette partie fut plus longues car Aren devait trouver un prédateur qui le négligerait et resterait suffisamment proche du lac pour chasser).

Quelques semaines auparavant, Aren était presque en train d'apprendre à marcher. Là, il profitait de son élan dans l'apprentissage et comprenait beaucoup de choses avec une déconcertante facilité.

Il osa même risquer une nuit hors de sa zone de sécurité pour découvrir les espèces végétales dangereuses (ce qui faillit lui coûter la vie).

Si ses études se faisaient surtout le matin, il profitait de la journée et des rayons du soleil pour se délecter de cette chaleur en se baignant dans le lac. Il aimait le soleil, mais qu'il l'aimait.
Le lac était composé d'une large zone sans profondeur. Celle que le garçon exploitait pour se prélasser. L'eau limpide laissait sans problème apparaître les couleurs vives du sol rocailleux, bleu, jaune, orangé et doré.
Puis, s'étendait la majeur partie du lac, donc les tons plus pastels s'assombrissaient au fur et à mesure qu'ils s'enfonçaient dans les profondeurs. Aren y piquait de temps à autre une petite tête.
Et enfin, un endroit plus restreint ou le lac semblait si profond qu'il devait probablement atteindre le cœur de la terre. À quelques mètres seulement du petit îlot, dans lequel Aren avait d'ailleurs remarqué la présence d'une cavité.

Le soir, il essayait de mettre en pratique ce qu'il avait analysé plus tôt dans la journée.

Et la nuit, il se bricolait ce qu'il pouvait, essayant de comprendre comment fonctionnait tout ce qu'il trouvait (des morceaux de carapaces, des végétaux bizarres, etc...).
Son sommeil n'allant jamais mieux, il parsemait ses journées de petites siestes, parfois des sommeils plus lourds quand il faisait des efforts vraiment intenses. Seulement, à chaque fois que ça arrivait, il dormait mal, des images, sans lien, sans histoire, sans être vraiment des rêves venaient le hanter. Des sons, aussi. Les sons de paniques du jour de la tempête. Les rires de ces hommes qui se déchaînaient. Le son de la mort, dans son ventre, qui prenait la place de son sang qui s'écoulait sur cette route.
Le cri d'Eva.

Sur sa carte, Aren baptisa cet endroit Le Lac Eva.

Et le jour ou il réussit à capturer un gibier avec ses seuls moyens, il décida qu'il devait repartir affronter le monde du dehors.

Il laissa là son petit camp aménagé, reprit ses affaires, et s'en alla.
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Aren Urona
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MessageSujet: Re: [Aren Urona] - Le Lac Eva   Mer 1 Oct 2014 - 18:16

Il opta pour la direction du Sud. L'ouest n'ayant rien donné, il commençait à se dire que sa quête pourrait s'étendre sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Il s'orienta donc vers la direction la plus ensoleillée, autant mettre un peu d'agrément dans ce labeur.

Pour se déplacer, Aren utilisait les méthodes qu'il avait apprises pour optimiser sa sécurité et sa discrétion. Il décida même de continuer les classes en se hissant en hauteur dès qu'il le pouvait. Les plus petits arbres faisant plusieurs centaines de mètres, il n'était pas évident d'atteindre directement leur sommet. Mais de temps à autre, des plantes parasites (ou symbiotiques?) ornaient ces troncs massifs et, en passant de l'un à l'autre, de voisin en voisin, il était possible de monter. Aren n'étant pas super à l'aise avec le vide, mais comprenant l'indispensabilité de cette compétence prit sur lui et commença à se frayer un chemin à une demi douzaine de mètres du sol.

L'avancée était plus dure. Les appuis devaient être plus sûrs, il fallait toujours avoir un trajet en vue, sans quoi on pouvait s'engouffrer dans un cul de sac. On ne pouvait pas choisir son chemin, non plus : quand des plantes étaient agrippante, griffues, urticantes, ou pleines d'insectes horripilants, on avait pas le choix et il fallait l'accepter.
Chasser était incroyablement compliqué dans ces conditions si fondre sur une proie tel le serpent, croisé peu après avoir entamé ce voyage, était possible, Aren n'en était pas encore là, et il descendait dès qu'il pouvait pour se trouver de nouvelles proies. De même pour faire un feu (ce qu'il faisait beaucoup moins, optant pour manger de la viande séchée, mais froide) ou se trouver un abris.

Chaque jour qui passait, Aren découvrait un peu plus de quoi était faite la vie à l'extérieur. Il en était heureux.
Jusqu'à ce jour.

C'est arrivé moins d'une semaine après son départ du Lac Eva. Cette énorme baffe qui lui rappela ce qu'était vraiment la réalité.

Alors qu'il se promenait, tout bêtement, il commençait à atteindre la vingtaine de mètres de hauteur, et s'était trouvé une plate-forme sympathique sur laquelle il campa.
Un bruit étrange attira son attention. Le son était similaire à une énorme masse qui raclait la terre. En fait, il y en avait plusieurs. Et les sons étaient rythmés par des à coups. Ces choses étaient tellement énormes que les vibrations se propageaient jusqu'au perchoir du chasseur.
Sentant la menace, il se mis à plat ventre sans tarder, tout en laissant la tête dépasser pour pouvoir observer ce qui provoquait tout ce tumulte.

Un tentacule sortit de derrière un arbre.
Un tentacule rouge et démesuré. Aren n'en cru pas ses yeux. Il pensa immédiatement au Kraken et ne comprit pas le lien entre cette créature mythologique et … Une forêt.
La bête rampait, assez maladroitement, en fait. Un sillon de terre extrêmement retournée la suivait. Elle avançait assez rapidement, et pourtant, il fallu un moment avant que tout son corps soit visible par le jeune garçon.

Si les plantes mangeuses de chaire et autres bestioles avaient ébahi Aren, cet animal là, faisait naître en lui une sensation bien différente. De tout ce qu'il avait vu, rien ne lui arrivait à la cheville. Et la plupart des abris qu'il avait expérimentés n'auraient servi à rien face à un tel colosse.
Dans sa tête, il se félicita de s'être arrêté en hauteur
Même s'il savait qu'il était à portée d'un tentacule, il s'y sentait plus en sécurité.

Comme pour répondre à cette provocation, l'énorme créature enroula l'un de ses membres autour d'un arbre. Puis un autre. Et encore. Il s'étendait ainsi sur encore plus de place et paraissait d'autant plus impressionnant.

Alors qu'il ne faisait toujours rien de menaçant, la peur s'installa doucement dans l'échine de Aren. Un frisson lui parcourait déjà la colonne vertébrale et une sensation étrange vint s'inviter dans sa gorge. Il voulait reculer. Mais la curiosité était encore trop forte.

Quand le 5e tentacule fut agrippé, le petit Requiem rouge s'éleva entre les arbres.
Et aussi vite qu'il décolla, la frayeur du garçon s'envola bien plus haut que tout ce qu'il connaissait. Il voulait se relever, se plaquer contre le tronc, être prêt à sauver sa peau à tout moment, mais il ne pu qu'entamer ce geste. À peine était-il à quatre pattes qu'un œil plus grand que lui était à moins de deux mètres, devant son regard.

Il ne pouvait plus bouger. La peur n'était rien, il découvrait un sentiment bien plus intense que celui là. Un mélange de frayeur, d'impuissance plongé dans un total désespoir. Il n'avait rien pu faire. Juste se redresser. Tellement insignifiant. Voila ce qu'il était. Insignifiant face à cette grandeur qui avait désormais tout pouvoir sur lui.
Son cerveaux fonctionnait au régime maximum, il essayait de créer des solutions pour se sortir de là.

Rester immobile ... Tu vas mourir !

Ses muscles tremblaient, ses poils étaient tellement hérissé, qu'un cactus aurait pu en être jaloux, sur sa peau coulait d'énormes gouttes de sueurs.

Courir à en perdre Haleine, devant, derrière, n'importe ou …  Tu vas mourir !

Partout dans son corps, des espèces de frissons presque palpables s'agitaient.

Attaquer, défendre vaillamment sa peau ... Tu vas mourir !

On aurait presque pu les voir, les entendre hurler.
Car ils hurlaient, comme chaque cellule paralysée du corps du garçon.
Tu vas mourir ! Tu vas mourir ! Tu vas mourir ! Tu vas mourir ! …

Les larmes tombaient le long de son visage. Elles emplissaient ses yeux. Il aurait du y voir flou, mais en vérité, il ne voyait plus rien. Son regard perdu dans le vide. Il savait juste qu'une énorme masse Rouge était presque à portée de son bras.
Il n'entendait plus rien.
Les arbres avaient tous disparus.
Plus rien.

Juste la créature, lui et … La mort.
Pendant ce cours instant qui semblait une éternité.

Elle s'en alla.
Aren ne pourrait jamais dire s'il avait ressenti tout ça en une fraction de seconde et qu'elle ne l'avait même pas vu. Ou si elle s'était vraiment arrêtée devant lui, l'avait regardé, et au final, trouvé sans intérêt. D'ailleurs, il lui fallu quelques secondes pour constater qu'elle l'avait laissé. Plongé dans ce monde de désespoir.

Elle était partie, il ne restaient que lui et la mort. En tête à tête. Et alors qu'il s'effondrait en pleurs, la boule au ventre, ressentant toutes sortes de sensations qu'il savait ne pouvoir satisfaire, la faucheuse lui rappela aimablement qu'elle lui avait mis le grappin dessus et qu'elle ne le lâcherait pas. Jamais.

Aren resta deux longues heures sans bouger. Les sensations mirent du temps à s'effacer. Un moment, il remarqua même que cette envie de pisser ne pouvait qu'être dans sa tête puisque la couleur de son pantalon témoignait que l'acte était déjà passé.
Il ne réussit pas à manger. Et son voyage ne l'amusait plus non plus.

Ce qu'il avait ressenti à ce moment là, c'était comme sauter d'un avion sans même savoir s'il avait un parachute. Il ne voulait pas que ça recommence. Il était convaincu qu'il n'y échapperait pas et devrait de nouveau y goûter un jour. Mais quand ça arrivera, il serait prêt.

La nuit tombée, il remballa ses affaires. Il regarda devant et derrière lui.
Voila le chemin que j'ai parcouru. Et là tout le chemin qui me sépare de toi, Eva. Désolé, mais je ne peux pas le franchir, maintenant.

Il bifurqua sur la gauche. Et avec des pas encore tremblotant, il se mis à marcher. Il était sûr de son choix.

   - Je rentre au Nid.
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